La sacré nom de Dieu de peinture le préoccupait perpétuellement, et à part les Vénitiens, Delacroix et Courbet, il n’aimait pas beaucoup de peintres. Il trouvait que Corot «manquait un peu de tempérament», et que les «machines» de M. Ingres «étaient bien imitées».
Dans ce domaine où il pouvait parler, il excommuniait en masse.
Il avait fui Paris où il ne s’était jamais acclimaté, et ses compatriotes ne se sont pas appliqués à lui rendre très agréable le séjour à Aix, mais je l’ai vu ailleurs, comme je le raconte plus loin, et il était d’humeur égale. Avec quelques amis de mon âge, Camoin, Louis Aurenche, Pierre Léris, et avec moi, il fut toujours aimable et souvent gai.
Je ne l’ai pourtant connu que vieux et malade du diabète, après quarante ans d’un labeur obstiné et bafoué, mais je suis sûr que le moindre encouragement officiel en eut fait un autre homme, lui eut donné un peu d’assurance.
Pourquoi Henri Roujon sursauta-t-il, indigné, dans son fauteuil de directeur des Beaux-Arts, lorsque Octave Mirbeau alla, en 1902, lui demander pour Cézanne, un simple ruban rouge, quand MM. Bonnat et Chauchard devaient mettre, sur leur gilet de cérémonie, le large cordon des grands-croix?...
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Lorsque j’étais à Aix, beaucoup de musées étrangers achetaient des toiles de Cézanne.
Il y en avait à New-York et à Munich, à Helsingfors et à Christiania. Il y en a, depuis, au Louvre, sans parler du Luxembourg, mais le musée d’Aix-en-Provence possède-t-il des œuvres du peintre, en 1923?...
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Le temps qu’il devait faire, le lendemain, le préoccupait comme un paysan qui craint pour sa récolte.