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Nous avons examiné la confession dans ce qu’elle a de corrupteur pour la vertu des adolescents. Nous avons dit comment elle prédispose même les enfants à l’impureté. Voyons comment elle peut porter le trouble dans les ménages ; car, tandis que je citais mes extraits de l’Examen de conscience du curé Lenfant, on a pu remarquer que messieurs les confesseurs ont de fortes tendances à vouloir pénétrer les secrets de l’alcôve.
Après avoir parcouru les livres que l’on met dans les mains des pénitents, parcourons un peu ceux qui sont destinés aux jeunes abbés des séminaires.
Pour que le prêtre puisse expliquer certaines choses à l’homme ou à la femme qui se confesse à lui, il faut nécessairement qu’il en soit instruit lui-même d’une façon très complète.
C’est dans ce but que les grands théologiens ont imaginé des ouvrages qu’ils appellent Manuels des confesseurs. Le plus célèbre d’entre tous est celui qui a été écrit par Mgr Bouvier, évêque du Mans, qui vivait encore il n’y a pas longtemps.
Ce Mgr Bouvier, qui devait à coup sûr avoir dans les veines le même sang que le marquis de Sade, a été honoré de distinctions toutes spéciales par le pape Pie IX, le Borgia du XIXe siècle.
Ici, dans sa conférence, M. Léo Taxil donnait quelques rapides aperçus des Diaconales de Mgr Bouvier ; bien entendu, en choisissant ses extraits, en sautant des mots, en supprimant les passages par trop scabreux. Il lisait encore des morceaux du fameux Compendium, ouvrage dû à la collaboration d’une société de casuistes du XVIIIe siècle, des Pieuses Exhortations de Mgr Claret, archevêque et confesseur d’Isabelle d’Espagne, et enfin de la Mœchialogie (Cours de luxure), du R. P. Debreyne, religieux trappiste.
Nous donnons comme appendice à cette conférence de M. Léo Taxil de nombreux extraits des quatre ouvrages ci-dessus dénommés.
On pourra se faire ainsi une idée de l’enseignement qui est donné aux jeunes abbés des grands séminaires. Comme dans un livre il est loisible de reproduire textuellement des citations quel que soit leur degré d’obscénité (ce qui ne se peut dans une conférence), les lecteurs trouveront donc, à la fin du discours, cent fois plus d’extraits que n’en ont eus les auditeurs.