Conclusion : le clystère est défendu.

Aussi, maintenant, nos vieilles dévotes qui ne veulent pas faire une communion coupable sont obligées de se tenir à jeun, dans le sens absolu du mot ; car, si elles se laissaient aller à manœuvrer un piston sacrilège avant de recevoir leur doux Jésus, elles commettraient un péché monstrueux dont il leur faudrait rendre compte au confessionnal.

Les curés ramollis et les vieilles dévotes, voilà les natures sur lesquelles le sacrement de pénitence exerce une action efficace, et encore est-ce à propos des particularités théologiques qui sont le bagage grotesque de la religion.

On conviendra que, dans cet ordre d’idées, l’efficacité de la confession nous préoccupe peu.

Ce qu’il est intéressant pour nous de savoir, c’est si la confession convertit les criminels ; et cela, nous ne le croyons pas. Delacolonge, qui a coupé en morceaux l’infortunée Fanny Besson, était un prêtre ; Mingrat, qui viola, étrangla et dépeça l’infortunée Marie Gérin, était un prêtre ; Mgr Maret, qui souillait les petites filles et en guise de première communion leur donnait une maladie honteuse, était un prêtre. Ces monstres-là, et bien d’autres encore, — car il se valent à peu près tous, — non seulement se confessaient, mais encore ils confessaient les autres. Est-ce que la pratique constante du sacrement de pénitence les a retenus, les a empêchés de se livrer à leurs habitudes infâmes, les a empêchés de commettre leurs crimes atroces ? — Non !

C’était sur ceux-là, surtout, qu’il aurait fallu que la confession eût de l’efficacité !

On me dira, on dit : — Pourquoi citer les grands criminels ? Ils forment une quantité infiniment petite dans le nombre des gens qui se confessent.

Soit, je l’admets. Mais cela ne change rien à la valeur de mon raisonnement. Qu’importe que, dans le nombre des gens qui se confessent, les grands criminels forment le cinquante pour cent, ou le un pour cent seulement ! Quelle que soit la proportion existante, n’y eût-il qu’un assassin sur mille, sur cent mille, sur un million d’individus agenouillés devant vous, messieurs les curés, n’y en eût-il qu’un seul sur mille milliards, est-il vrai, oui ou non, que vous vous prétendez le droit de l’absoudre, cet assassin ?

Oui, n’est-ce pas ? — Vous ne pouvez pas le nier, puisque vous revendiquez ce droit exécrable d’absolution comme une prérogative céleste.

Eh bien, je vous le dis et vous le répète, par l’exercice de votre prétention cyniquement infâme, vous êtes les complices des voleurs et des assassins. Vous êtes plus scélérats qu’eux.