Arrivée chez moi, nous nous concertons, croyant que je ne resterais que deux ou trois jours à Rome. Comme j’y avais envoyé la Règle de la Mère de Dieu depuis environ un mois : — Je crois, dit le Père Fusco, que vous êtes mandée pour s’entendre au sujet de la fondation des Apôtres des derniers temps. Car l’Évêque de Grenoble nous a dit à l’Évêché, qu’étant allé à la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers pour qu’on se hâte d’approuver sa Règle, le cardinal Ferrieri lui avait fait entendre qu’en ce moment il était très-occupé, et que Monseigneur pouvait, pendant au moins huit jours, passer son temps à visiter les monuments de Rome et des environs. Voila pourquoi l’Évêque de Grenoble est venu ici.

Nous combinâmes alors de prendre à Castellamare le train de neuf heures du soir.

A dix heures, nous étions à Naples. Nous dûmes attendre le train qui partait pour Rome. Permission de Dieu !… l’Évêque de Grenoble arrive tout essoufflé :

— Il y a une demi-heure que je vous cherche ! Eh bien, venez, nous allons prendre place.

Je remerciai Monseigneur et lui dis que nous voyagions toujours en troisième classe.

— Mais, dit-il, est-ce qu’il y a quelqu’un avec vous ?

— Un prêtre et ma compagne, Monseigneur.

— Ils peuvent se mettre dans un autre wagon, dit Monseigneur. Donnez-moi votre billet, j’y ferai ajouter un supplément de première classe.

Je lui dis que mon saint Évêque ayant eu la bonté de me donner ces personnes pour m’accompagner, je ne pouvais pas m’en séparer.

Presque fâché, Monseigneur dit : — Je paierai encore un supplément pour eux. Mais savez-vous pourquoi vous êtes mandée à Rome ?