Je répondis : — Non, et je ne m’en inquiète pas.

Nous partons. L’Évêque de Grenoble qui avait tant de choses à dire, ne me dit rien. Mais j’étais bien peinée de voir que le Père Fusco et ma compagne étaient regardés de travers, et on aurait dit avec colère.

Le P. Berthier n’avait pas l’air satisfait : il n’avait pas réussi, en fermant la portière, afin que mes compagnons ne pussent monter dans notre compartiment : aussitôt la porte s’était ouverte, et le P. Fusco, en entrant, avait dit :

— Excusez-moi, Monseigneur, si je prends la liberté d’entrer ici, c’est pour me conformer à notre Mgr l’Évêque de Castellamare, qui désire que je ne quitte pas Sœur Marie de la Croix.

Et l’Évêque de Grenoble n’avait rien répondu.

Lundi, à sept heures du matin, nous arrivions à Rome, et là, nous nous séparâmes. Monseigneur et le P. Berthier s’en allèrent au Séminaire Français, il me semble ; et nous fûmes dans une église, où le P. Fusco célébra la Sainte Messe. Après, nous fûmes loger dans un hôtel, où nous demeurâmes, je crois, plus de huit jours.

Dès le premier jour, je fis annoncer mon arrivée au cardinal Ferrieri pour me mettre à sa disposition. Son Éminence me fit dire qu’il m’avertirait d’avance pour le jour qu’il aurait besoin de moi.

Nous étions donc en liberté, tous les jours après la Sainte Messe ; et nous passions les après-midi agréablement en Dieu, en visitant les belles églises de la Maggiore, di S. Paulo hors les murs, l’Église qui a un grand tableau représentant Notre-Dame de la Salette, et les Catacombes. Mais nos premières visites furent aux personnages connus de nous pour être très-croyants, très-dévots à Notre-Dame de la Salette, par exemple, les cardinaux Consolini et Guidi, qui, gracieusement, m’offrirent leurs services dans n’importe quelles circonstances. Et je leur remis, à l’un comme à l’autre, une copie du Secret que je voulais publier avec l’Imprimatur de Mgr Pétagna, mon saint Évêque de Castellamare di Stabia.

L’Évêque de Grenoble, avec une bonté grande, envoyait tous les jours, souvent deux fois par jour, le P. Berthier pour prendre de nos nouvelles ; et surtout ce dernier s’informait beaucoup auprès du Maître d’hôtel, si nous nous absentions souvent, si nos absences étaient longues, s’il savait où nous allions, ce que nous faisions et si nous recevions des visites. Un jour, je crois, le troisième, le maître d’hôtel nous dit :

— Le prêtre qui vient tous les jours et qui est avec l’Évêque de Grenoble, est venu me dire de la part de cet Évêque, qu’il se chargeait de me payer toutes les dépenses que vous ferez ici, et pour tout le temps que vous resterez à Rome.