J’entrevis là l’action de Mgr de Grenoble et de Mgr Bianchi.
Je rendis grâces à Dieu de m’avoir délivrée de leurs mains. — Et surtout lorsque je compris la manière dont l’Évêque de Grenoble voulait se débarrasser de moi, ayant, à Grenoble, le P. Berthier pour complice.
Après environ sept ou huit jours, je reçus de ma compagne le cahier, les papiers, la cire pour cacheter et un voile.
Ces diverses choses avaient été soigneusement enfermées dans une boîte en bois adressée à Son Éminence le cardinal Guidi qui attacha de nouveau la boîte avec de forts rubans rouges, et scella le tout, et à plusieurs endroits, avec son sceau sur cire.
Ce fut la Supérieure qui m’apporta la boîte, en plein jour. Or elle avait été ouverte et fouillée, les rubans étaient coupés et les cachets enlevés. J’en fis la remarque à la Supérieure qui me répondit humblement : qu’elle était arrivée comme je la voyais.
Déjà, j’avais remarqué que les lettres que je recevais avaient été ouvertes ; et de Castellamare di Stabia, on m’avait fait comprendre, en langue étrangère, que mes lettres envoyées de Rome avaient été ouvertes au cabinet noir de Mgr Bianchi.
Je dois dire pour ne pas laisser croire qui est innocent de bonne foi que la Supérieure n’était pour rien dans les trames de Mgr Blanchi et de l’Évêque de Grenoble. Elle était une machine inconsciente dont se servait Mgr Bianchi.
J’écrivis à Castellamare, et de là on écrivit au cardinal Guidi, qui envoya demander à la Supérieure si elle avait reçu, pour agir comme elle le faisait, un ordre supérieur. — Elle répondit négativement. — Il l’invita à « s’en tenir aux ordres du Pape ».
En attendant, j’écrivais de jour et une bonne partie de la nuit. Je désirais avoir terminé en deux mois.
Tantôt la Supérieure venait me dire d’aller faire quelques tours dans le vaste jardin ; tantôt elle me disait de tenir compagnie à une infirme ; tantôt d’aller visiter les caves, les souterrains du palais des Césars ; et tantôt de venir à la récréation. — Mgr Bianchi, qui, sans doute, voulait ma sanctification, donna de nouveaux ordres à la Supérieure. Il est inutile de prolonger cette narration… Quelques jours avant mon départ pour Castellamare, la Supérieure, qui déjà m’avait dit que Mgr Blanchi venait souvent demander de mes nouvelles, vint me faire presque des excuses : « Si, quelquefois, elle avait outrepassé la discrétion à mon égard. » — Je l’embrassai avec affection, en l’assurant qu’elle m’avait toujours traitée avec trop de bonté. — Elle m’ouvrit son cœur : entre autres choses, elle me dit :