Entre temps, la Supérieure vint me dire : « qu’il ne convenait pas que je fusse sans voile dans la maison, tandis que les sœurs le portent. » Aussitôt je mis sur ma tête un voile que je ne quittai plus. — Puis elle m’insinuait de me faire Visitandine. Je lui dis que le Saint-Père Pie IX avait dit à mon saint Évêque que, « pour remplir ma mission, je ne pouvais pas être cloîtrée ». — Une autre fois, la sœur Placide dit à la Supérieure :

— Ma Mère, devant Dieu, pour la paix de ma conscience, je me décharge de la responsabilité que la Communauté avait acceptée, du soin de Mélanie, pour vous la laisser tout entière : parce que ce n’est pas à nous de donner d’ordres à Mélanie : c’est aux personnes qui nous l’ont confiée.

— J’ai écrit, dit la Supérieure, j’ai écrit deux fois.

Enfin, le Cardinal Ferrieri arriva, et entre autres choses il me dit que le Saint-Père a décidé que je retourne à Castellamare : et que je pouvais écrire pour que quelqu’un vienne me prendre. Ce qui fut fait.

VII

Dès que je fus en route, hors du couvent, je demandai à ma compagne s’il y avait encore, à Castellamare, des croyants au divin Message.

— Oui, me répondit-elle, mais à Rome, Mgr Fava, Mgr Bianchi et le Père Berthier n’ont cessé et ne discontinuent de semer partout calomnies criminelles et erreurs.

Ce qui se dit contre moi, repris-je, mes péchés le méritent ; et c’est un exercice de patience pour me bien faire entrer dans ma nullité. Quant au divin Message, il écrasera les ennemis du Très-Haut. Dieu ne dit-il pas, par la bouche de Jérémie, que sa parole est un feu ardent, et un marteau qui brise les pierres ? C’est pourquoi, qui s’insurge contre la parole de Dieu ne fait autre chose que d’être cause de la répandre davantage.

A ce moment arrivait à nous le bon Père Trévis, qui venait à notre rencontre. Entre autres choses, je lui dis :

— Avant de quitter Rome, je voudrais voir la nouvelle statue de Notre-Dame de la Salette, que Mgr Fava est venu commander.