Nous y allâmes.

Entrés dans les ateliers, nous vîmes diverses statues ébauchées. Une seule était finie. Mais aucune ne paraissait représenter une Vierge quelconque. Je dis au Père Trévis :

— Mais où est donc la statue, modèle de Mgr de Grenoble ?

— La voici, me dit le monsieur qui nous faisait visiter son atelier.

— Mais non ! mais non ! Monsieur ; ça ne peut pas être Notre-Dame de la Salette ! Elle n’a rien qui lui ressemble.

— Cependant, dit le monsieur, elle est exactement faite sur le modèle que vous voyez là derrière, et que l’Évêque de Grenoble m’a donné. D’ailleurs il doit être bien renseigné comme Évêque du diocèse où l’Apparition eut lieu.

— Sa grandeur Mgr Fava, oui, devait être renseigné ; mais le fait est qu’il n’a jamais interrogé aucun des deux bergers. Son modèle est donc tout entier fantaisiste : et avec raison vous pouvez mettre sur le socle de sa statue : « Statue de la vision privée de Mgr Fava ! » Elle ne sera jamais la statue de Notre-Dame de la Salette, dont on ne voyait pas les cheveux, et qui portait une grande croix sur sa poitrine. La madone, par charité, par compassion, est venue nous enseigner en paroles et en exemple. Un jour Dieu vengera le mépris fait à sa divine Mère !

Nous nous retirions. Le monsieur, à voix basse, demanda à M. Trévis : « qui était cette dame à l’air renseigné sur le costume de Notre-Dame de la Salette ? »

Comme j’allais quitter Rome dans la soirée, M. Trévis lui dit :

— C’est la Bergère de la Salette…