Nous nous dirigeâmes à l’hôtel, et de là à la gare pour Naples. C’est alors que le Père Trévis et ma compagne dirent les intrigues, les calomnies que Messeigneurs Bianchi, Fava et le Père Berthier avaient répandues à Rome et en France par écrit. Tout cela ne me touchait pas : c’était tout à mon profit. Ce qui me bouleversait, c’était la fausse statue en marbre commandée par l’Évêque de Grenoble, et qui devait être couronnée, cette même année 1879, sur la Montagne de la Salette !!!

— Mon Dieu ! ne permettez pas que l’erreur de l’Évêque de Grenoble et du Père Berthier triomphe ! Vous, à qui rien n’est impossible, arrêtez les vains complots des ennemis de la vérité. Ayez pitié de votre peuple ; ayez pitié de l’aveuglement de beaucoup de vos oints ; convertissez-nous tous à vous, Seigneur Jésus !

Le soir, nous prîmes le train pour Naples-Castellamare di Stabia, et ce fut pendant ce voyage que mes compagnons m’apprirent la nouvelle guerre que les journaux noirs faisaient à la divine Apparition, qui disaient :

« Qu’en versant d’abondantes larmes, lorsque j’étais auprès du Saint-Père, je lui avais déclaré n’avoir rien vu sur la Montagne » ;

Qui disaient :

« Que le Pape ne croyait pas à l’Apparition ; et que c’est pour cette raison que le Pape fait faire une statue qui ne représentera pas Notre-Dame de la Salette » ;

Qui disaient :

« Le Pape ne veut plus qu’on mette les enfants devant les statues de Notre-Dame de la Salette » ;

Qui disaient :

« Mélanie n’a pas voulu obéir au Pape : elle est excommuniée » ;