« Le rideau continuait à descendre ; et toujours et à mesure qu’on voyait plus distinctement, les personnes disaient avec étonnement :
« — Oh ! ce n’est pas Notre-Dame de la Salette : elle n’a pas sa Croix !
« — Oh ! on lui voit les mains, et elle a un manteau comme les demoiselles de Paris : ce n’est pas Elle, ce n’est pas Elle.
« Et ce fut une générale désapprobation ; jusqu’à ce que le chant couvrît les murmures de tous ces braves gens[72]. »
[72] Le cardinal Guibert, délégué de Léon XIII, ne voulant, à cause de son grand âge, monter les marches du reposoir, un missionnaire prit le diadème et le plaça lui-même sur la tête de la statue de plâtre. On la mit au rebut, quand la statue de marbre fut achevée. Laquelle des deux est couronnée ? Ni l’une ni l’autre. 1o Le Saint-Père ne couronne pas une statue en plâtre ; 2o Il est essentiel que la couronne soit placée par le délégué : il peut se faire aider, mais il faut qu’il intervienne physiquement ; 3o La statue doit être celle qui sera honorée.
Le décret du couronnement de Notre-Dame de la Salette n’a donc pas été exécuté ! Quand on l’exécutera, on couronnera la vraie statue de l’Apparition. La prière de Mélanie : « Mon Dieu, ne permettez pas que l’erreur de l’Évêque de Grenoble et du Père Berthier triomphe, etc. » ne pouvait être plus complètement exaucée. Tout fut manqué, même le Discours. Mgr Paulinier, qui devait le prononcer, se trouva fatigué, Mgr Fava LUT des tirades contre les francs-maçons. Même la procession, on ne put la faire. Aucun ordre dans cette foule mécontente. — Aucun miracle n’a été accordé aux prières faites devant cette statue. Mélanie avait dit : « La statue du faux couronnement ne fera jamais de miracles. »
Je réponds, ici, à deux demandes qui m’ont été faites souvent :
1o Pourquoi les Médailles et les Images représentant Notre-Dame de la Salette ne sont-elles pas répandues en tous pays, comme le sont, ordinairement, toutes les autres médailles et images miraculeuses ?
2o Pourquoi ne trouve-t-on pas à acheter des médailles ou des images de Notre-Dame de la Salette, chez aucun des marchands d’objets de Piété ?
Cette question, je me l’étais faite à moi-même ; et je souffrais de cette privation. J’aurais voulu en acheter, pour répandre la dévotion à cette douce Mère partout où j’allais. Ce ne fut qu’en 1871 que je découvris le truc du vieux serpent.