J’étais venue en France voir ma regrettée mère ; puis à Lyon pour voir une de mes sœurs. Après être allées à Fourvières, nous entrâmes dans presque tous les magasins d’objets de piété, sans avoir pu trouver une seule médaille ou image de la Salette !…

Alors, je dis à ma sœur :

— Sais-tu où se frappent ces médailles ?

— Oui, me dit-elle.

— Conduis-moi.

Nous arrivons et je demande cinq ou six grosses. Le patronne me répond qu’elle n’en avait plus.

— Comment, lui dis-je. C’est bien ici que se frappent ces médailles qui se vendent sur la montagne de la Salette ?

— Oui, me dit cette dame, mais les missionnaires nous ont donné leur confiance, en posant la condition que seront exclus tous les autres négociants d’objets de piété. Vous pouvez trouver des médailles chez les Pères de la Salette.

Voilà comment j’ai appris, le cœur rempli de douleur, pourquoi, dans les autres magasins, les médailles de Notre-Dame de la Salette ne se trouvent pas.

Ne faut-il pas que ces pauvres misérables Pères aient perdu de vue le Très-Haut, leur âme, l’éternité des peines, pour oser substituer leur gloire, leur intérêt matériel, à la gloire de ce Dieu qui doit les juger ?… oh !… oh !… où en sommes-nous arrivés !… Et ces êtres osaient se dire les Missionnaires de la Salette, tandis que toute leur préoccupation était d’entasser trésors sur trésors, et qu’ils haïssaient les pauvres ! Ils ont laissé avoir faim le bon, le désintéressé, le vertueux Maximin, qui aurait fait pleurer de compassion les pierres !