Sœur Marie de la Croix, Bergère de la Salette

Pour copie conforme, le 18 mai 1904.

H. Rigaux,

Curé d’Argœuves.

Les notes qu’on trouvera ici, à chaque page, et qui forment un commentaire suivi du récit de la Bergère, sont de la main d’un excellent prêtre qui eut l’honneur de connaître Mélanie, personnellement, et d’être son directeur de conscience, vers les derniers temps de sa vie.

L’APPARITION
DE LA
TRÈS SAINTE VIERGE
SUR LA MONTAGNE DE LA SALETTE LE 19 SEPTEMBRE 1846

Publiée par la Bergère de la Salette
avec Imprimatur de Mgr l’Évêque de Lecce

« Eh bien ! mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple. »

I

Le 18 septembre, veille de la sainte Apparition de la Sainte Vierge, j’étais seule, comme à mon ordinaire, à garder les quatre vaches de mes Maîtres. Vers les onze heures du matin, je vis venir auprès de moi un petit garçon. A cette vue, je m’effrayai, parce qu’il me semblait que tout le monde devait savoir que je fuyais toutes sortes de compagnies. Cet enfant s’approcha de moi et me dit : « Petite, je viens avec toi, je suis aussi de Corps. » A ces paroles, mon mauvais naturel se fit bientôt voir, et, faisant quelques pas en arrière, je lui dis : « Je ne veux personne, je veux rester seule. » Puis, je m’éloignais, mais cet enfant me suivait[73] en me disant : « Va, laisse-moi avec toi, mon maître m’a dit de venir garder mes vaches avec les tiennes, je suis de Corps. »