— Je vous demande bien des fois pardon, monsieur l’inspecteur. Ce n’est pas un piège et je n’avais pas cru mal faire.
— Mais enfin, qu’est-ce que cette ficelle ? demanda Guy habitué par ses fonctions à se rendre compte des moindres détails. Il y a là un mystère que je veux savoir.
— Ah ! pauvre homme que je suis ! moi qui n’ai jamais eu un mot de blâme ! on croit faire pour le bien d’un chacun, et il se trouve qu’on a fauté. Tout de même, pour sûr, s’il m’arrive de la peine, ce ne sera pas juste.
— Pas tant de paroles. Qu’est-ce que cette corde fait là ?
— Je ne savais pas que c’était défendu, monsieur l’inspecteur. Si j’avais su…
— Voyons ! voulez-vous répondre, oui ou non ? faut-il que je prenne d’autres moyens ?
— Ne vous emportez pas, monsieur l’inspecteur. Je vais vous expliquer l’affaire de mon mieux. C’est moi qui suis chargé de l’aiguille qui ouvre la voie sur laquelle nous sommes maintenant, laquelle va rejoindre la ligne de Ceinture.
— Oui, je sais ; après ?
— Comme de juste, je ne dois jamais ouvrir la voie, au moyen de ce levier que voici, sans abaisser d’abord cet autre levier qui fait tourner le disque dont vous voyez là-bas le feu rouge. C’est ce disque qui empêche qu’un train n’arrive sur moi, au moment où j’en envoie un autre en sens inverse.
— C’est connu. Mais je ne vois pas ce que cette corde vient faire là dedans.