—Au fond! soupira-t-elle en cachant contre ma poitrine ses yeux qui se mouillaient. Ah! oui, bien au fond, alors! Car si je m'en rapporte à la surface….
—Je t'adore. Il n'y a plus pour moi d'autre femme. D'ailleurs tu as vu comme je suis fidèle!
—Depuis trois mois! la belle affaire!
—Oui, mais sans te connaître. Maintenant je te connais. Tu as tout: le coeur, l'esprit, le dévouement, la tendresse, la poésie….
—Tu n'as pas honte? Souviens-toi du nom que tu me donnais.
—Chut! je n'avais pas encore lu tes lettres. Et puis, Rosie, tu es si belle! Je t'admire autant que je t'aime. Quel bonheur que la dame aux pensées ne soit pas une autre que toi!
Une pression de sa petite main souligna ces paroles, comme pour dire qu'elle était heureuse aussi, la chère, simple, et loyale créature!
Nous restâmes, je pense, de longues minutes sans parler. Tout à coup elle bondit hors de l'étreinte qui l'emprisonnait doucement.
—Mais qui a pu te dire mon secret? s'écria-t-elle en fronçant le sourcil. Nul être humain ne le connaissait.
—Viens, dis-je. L'air est humide, il faut rentrer. Tout en marchant tu écouteras l'histoire.