— Vous avez confiance en moi ?

— La plus entière, lui répondis-je.

— Eh bien ! amenez-moi votre chère Élisabeth. Je suis un peu sa mère ; elle a vécu près de moi pendant bien des années. Ce que votre fille ne veut pas vous dire, il faudra bien qu’elle me le dise. Aucune postulante n’entre ici sans que je sache pourquoi elle y entre, et sans que j’approuve ce pourquoi. Il faudrait des causes bien graves pour que je consentisse à recevoir une fiancée dans mon ordre. Bon courage ! Vous serez tenue au courant de tout.

Le lendemain soir, Élisabeth couchait au couvent, et la probation commençait pour elle.

— J’avais si peur d’une grande résistance de votre part ! me dit-elle en m’embrassant. Le plus dur est fait, à cette heure.

— Pour toi, peut-être ; pas pour moi. Tu oublies que j’ai la mission de parler à Rupert. Que lui dirai-je ?

— Que nous nous retrouverons au Ciel !

— A moins qu’il ne s’égare en route, ne t’ayant pas pour le conduire.

— Il en aura une autre… peut-être !

— Lui dirai-je cela, de ta part ?