Bizarrerie. Boris la prend à partie plutôt que les autres filles qui l'asticotent :
— Monsieur Boris est tout seul, qui sait pas à quoi jouer.
Boris pousse Fifine rudement hors de son chemin, mais après hésitation et en se croyant obligé de donner un motif :
— T'as pas besoin d'être là, t'as pas besoin de me boucher le passage.
Fifine oppose toujours la même défense : des reculs, des contorsions, des crispations qui expriment le refus, la répulsion supérieure.
D'une fois sur l'autre, la bousculade de Boris est moins brutale et moins prolongée. Sans qu'il comprenne, il se heurte à une autre force que la sienne, que la force physique.
Il devient aussi moins acharné après les autres filles, — si bien que le jeu de ne pas vouloir jouer avec Boris commence à manquer de charme, du moment qu'il ne vous fait presque plus de mal en vous agrippant et en vous bourrant.
On songe à reprendre les vrais jeux particuliers aux filles :
— Si on jouait à la maîtresse d'école?
Cette proposition vient un jour où Boris, devant le dédain de Fifine, ne porte pas la main sur elle, et prononce seulement d'un ton à la fois menaçant et mal assuré, cette incommensurable parole :