Et encore, non, je répudie la tendance totalement.

Peut-on admettre ce filet de morale inextricable jeté sur des enfants mous, dégénérés, désarmés? Il me semble démêler dans cet enseignement l'hostilité religieuse contre l'instruction même.

Pour me remettre, chez Mme Galant, j'ai goûté une brillante fanfare de chauvinisme : là, alors, violence, passion.

Les deux leçons rapprochées ont fait jaillir une lumière en moi : « Pas de milieu, la résignation ou l'énergie obéissante et oppressive. »

Sans viser à la tragédie, n'incline-t-on pas à ce résumé : « Travaillez, prenez de la peine, mais gare à l'ambition punie, et pas d'investigation trop curieuse. L'auto-concurrence fallacieuse : la croix, les bons points ; la lutte décevante entre salariés ; la lutte avec le morceau de bois, le morceau de fer que vous façonnerez, bravo! mais pas la lutte avec votre misère… Vous, les dénués, soyez soumis, mais soyez héroïques : il est beau de mourir pour perpétuer l'état de choses actuel. »

Eh, eh! cette farceuse de morale n'est pas seulement répandue trop pareillement sur trop de tempéraments divers… Est-ce qu'il n'y aurait pas un vieux lot de fausses vérités, à la longue éliminées de l'enseignement secondaire, mais pieusement conservées pour le peuple?

J'ai beau faire, la couleur de mon drame ne s'égaye pas ; et nous sommes bientôt à la moitié de mars! Qu'est-ce que l'école peut changer à la destinée des enfants préparée par l'hérédité et par le milieu? Je cherche le sauvetage… un à un, je les considère : Adam est moins turbulent, tant pis. Gillon a la bêtise plus administrative ; Ducret semble plus rampant et Bonvalot plus aigri ; les visages pointus ne gagnent aucune force ; la même fatalité accable Julia Kasen. Et Richard, et Vidal ne sont pas moins affreux. Irma Guépin rit toujours trop bonnement.


Irma Guépin… Qui expliquera l'intuition des enfants? Qui expliquera surtout la transmission magnétique entre personnes du sexe, quelle que soit la différence d'âge?

Depuis qu'Irma Guépin est ma préférée, elle a toujours eu ce jeu, le soir, dans l'intimité des quelques enfants restants, de m'embrasser à l'improviste — pour me faire peur — cou, cou! — au moment où je suis distraite par un autre bambin.