Le service fini, Marthe courait ; les cochers avaient du mérite à ne pas l’écraser. « Comment l’enfant malade aura-t-il passé la journée ? »

Ferdinand s’affligeait :

— Tu fournis à l’ouvroir deux heures d’excédent… Parbleu, il le faut, je comprends bien… La femme de ménage avait laissé éteindre le feu, j’ai mis cuire le ragoût comme j’ai pu.

Puis, Ferdinand et Marthe assis auprès du petit lit, ne prononçaient plus que de rares paroles, ils s’entendaient profondément d’attitude, de regard : et le roman apparaissait lointain, inexistant ; la littérature devenait une entreprise inadmissible, vraiment futile et vaine. On pleurait tout bas : Albert avait le délire, il voyait le visage de Catherine dans l’angle du plafond, près de la fenêtre : « Oh ! les jolis yeux gris ! »

Un jour la directrice dit à Marthe :

— Pourquoi ne m’avoir pas renseignée plus tôt ? Je vois que vous ne tenez plus sur vos jambes, recevez donc le public à ma place, ce sera moins fatigant.

Un monsieur de l’administration se présenta, jeune, correct et si officier d’Académie ! il semblait, de ses doigts gantés, offrir des hommages plein son chapeau de haute forme.

— Madame, vous avez ici une nommée Rivalex, je suis envoyé pour vous la signaler. Hier, au Service central, elle a d’abord formulé convenablement une demande pour son enfant, puis en présence de certaines difficultés, elle a fait du bruit, elle a menacé, elle a injurié le chef de bureau lui-même !

Au milieu du vaste cabinet, le fonctionnaire reluisait dans un fauteuil. La dolente Marthe, tout effacée, répondit :