Tudieu ! Il avait fini sa ligne avant de bouger !

Dans « l’état farouche » où les circonstances adverses n’avaient pas prise, il arrivait que des circonstances favorables se fissent admettre.

— Quelle découverte ! déplora Marthe, un jour de fête, après le déjeuner, voilà que je ne peux plus boutonner ma chemisette de l’année dernière ! Je grossis…

— Chouette ! cria Ferdinand, qui posa son porte-plume et vira sur sa chaise.

— Dis donc, je te remercie, je veux rester mince.

— Mais, ma chatte, c’est l’épanouissement. Tu arrives au plein de la jeunesse… Voyons ça, un peu.

— Non, Ferdinand, tu me pinces.

Et alors, — pas tout de suite, — mais vingt-quatre heures après, la production littéraire de Ferdinand fut comme charnue, ferme, saine et d’une saveur grasse et chaude.

Il jubilait, après le dîner, en baguenaudant les deux mains dans ses poches, devant la bibliothèque, entre le Tolstoï et le Balzac :

— Dimanche prochain, mon petit père Griffon, je te lirai un chapitre avec confiance… Et vous autres, les arlequins, qu’est-ce que vous avez à me suivre en rigolbochant ?