— Combien ferez-vous de pages, exactement, à votre livre, monsieur Prestal ?

Son mari tira Ferdinand d’embarras :

— A l’encontre des Anglais et des Russes, les Français préfèrent qu’on leur serve le roman pas trop épais.

Elle réclama, la main au-dessus du poulet découpé :

— Laissez-moi vous soigner, monsieur Prestal, vous allez mettre au monde un amour de feuilleton.

— Vous pouvez blaguer, répondit Ferdinand, livrant son assiette, il n’est pas moins vrai que « la soupe nourrit le roman », selon un vieux proverbe.

Et il décocha un rire de gratitude vers Marthe.

— Mais oui, aucun concours n’est indifférent, affirma Griffon.

Et il ajouta avec une bonhomie un peu soupirante :

— Tu as tout ce qu’il faut pour bien travailler.