Griffon avait croisé les bras, il regardait Ferdinand fixement, les mâchoires serrées. Il lâcha presque brutalement :

— Eh bien, si tu veux le savoir, je te dirai que ton roman a beaucoup influencé des gens de ta connaissance.

Il se leva, fit des pas, comme un homme sous le coup d’une émotion.

Marthe avait cassé son aiguille ; légèrement elle avait pâli, puis rougi.

— Ah parbleu ! toi ! admit Ferdinand sans aucun enthousiasme.

— Eh ! dit Griffon radouci, mais la voix singulièrement altérée, tu as peut-être tort de trouver sans intérêt l’effet de ton œuvre sur tes amis.

— Dans tous les cas, déclara Ferdinand sans plus de perspicacité, il y a ceci de chagrinant que notre projet, si le livre se vendait, était de rendre son enfant à Catherine. Elle aurait travaillé seulement pendant les heures de l’école maternelle, nous aurions complété son salaire insuffisant.

Plusieurs gestes de Griffon signifièrent : « Ne vous occupez donc pas de ça », puis quelques paroles embarrassées s’ajoutèrent :

— Écoutez, le petit Émile… c’est plutôt moi… Mais je demande crédit quelque temps encore.

Il se balançait, piétinait, passait la main sur son front ; il avait besoin d’espace.