La visiteuse soupira, comme s’il eût dépendu d’elle de présenter Catherine :

— Si j’avais été une personne méritante comme madame Prestal…

Un rire frais éclata :

— Je n’ai aucun mérite, croyez-moi ; je suis plutôt une égoïste, attachée à sa petite tranquillité.

Mais, madame Griffon continua, décidée malgré tout à une contrition nécessaire et soutenant ses yeux en détresse à ceux de Tolstoï :

— Si j’avais été plus méritante, j’aurais pris Catherine chez moi, comme bonne ; mais c’est impossible. Elle n’a peut-être rien fait pour être malheureuse… et moi qui chante tout le temps et qui ne fais pas grand’chose de sérieux… Est-ce drôle ? sitôt que je me suis représenté Catherine dans ma maison, j’ai senti une gêne, comme quelqu’un qui a pris deux parts. Et mon mari si disposé aux actions mirobolantes a trouvé impossible aussi que nous recueillions Catherine Bise. Par quel motif, lui ? Je n’ai pas deviné. Mais, dites donc, au revoir, les gens.

Et la jolie femme secoua les mains folâtrement, soulagée, quitte d’une dette imaginaire. Germinal oublié resta sur un fauteuil.

Ferdinand, qui avait fermé la porte derrière elle, rouvrit en entendant des exclamations dans l’escalier :

— Ah ! vous allez chez les Prestal ?

Une voix d’homme forte et ironique :