Ferdinand se leva :
— Ah ! ah ! fit-il, interrogeant l’horloge dans la cour, d’un air qui ne laissait pas espérer que M. Prestal fût à son bureau à une heure aussi insolite.
Mais il ajouta d’un ton d’extrême obligeance :
— Si vous voulez bien venir avec moi, monsieur, je tâcherai de vous répondre.
La journée finie, Ferdinand invita son ami :
— Viens donc jusqu’à la maison dire bonjour aux « loupiots », ils ont à te consulter au sujet de leur moteur détraqué, tu es l’homme de ressource pour eux. C’est rigouillard, ils ne me bassinent pas trop, ils savent parfaitement qu’il n’y a pas grand’chose à tirer de moi.
Il souriait, par réminiscence paternelle, comme si une journée de bureau faisait un vide d’une année.
— Allons-y, accepta Griffon, je serai content de les voir ; et puis, je te dis, ma femme est dans une crise fâcheuse… autant rentrer le plus tard possible, cela me dispensera peut-être de constater son absence. Prenons-nous le tramway ? il va neiger.
Ils s’arrêtèrent au bord du trottoir, perplexes. Ferdinand plaisanta :
— Après quelques années passées dans les bureaux à exercer le métier de manquer de décision, l’on ne sait même plus si l’on doit prendre l’omnibus, ou aller à pied. Marchons, va !