Ils étaient mariés depuis huit ans, leurs deux garçons avaient cinq et sept ans.


Marthe appelée à secourir tant de victimes de la criminalité masculine adorait son mari.

Leur excellent ami Griffon taquinait les époux là-dessus :

— Heureusement que la logique est exclue de certains domaines !… On prétend que les sages-femmes sont plutôt mises en disposition par les déchirements mêmes de leur métier…

Marthe rougissait. Ferdinand exagérait son clignement de fatuité.

Il collectionnait des notes plus ou moins utilisables, selon la manie des gens de plume ; après six mois d’ancienneté dans le mariage, il avait trouvé séant de consigner cette observation :

« La femme bonne et affectueuse la plus chaste, la plus rigoriste, ne sait pas faire la moindre retenue à l’époux : la richesse est à lui, dès le souhait. La femme ostensiblement voluptueuse, mais égoïste et d’un attachement subalterne, laisse le caprice régler sa libéralité. Jamais son mérite intermittent, si fougueux et si raffiné soit-il, ne vaudra la totalité constante de l’autre femme. Pensez donc : chez cette autre, nulle frivolité ne se disperse, nulle, ni avant, ni après l’heure. Allez donc lutter d’extase avec cette nature concentrée ! »


Ferdinand avait annoncé, un lundi après dîner, son intention de faire un roman ; le mardi matin, dès le réveil, il se répéta expressément, comme si l’entreprise ne souffrait aucun retard.