A la fin de septembre, le temps radieux, un peu acide et excitant, faisait penser à une maîtresse rieuse, très jeune et maigrichonne.

Ce fut une de ces promenades de gens de lettres où l’on ne se cache pas de récolter des images et des notes à même la rue.

— Regardez donc cette maison qui prend du ventre en vieillissant, disait Ferdinand, au coin du faubourg Saint-Honoré ; et, là-bas, le ciel arrêté à contempler les Tuileries.

Chaupillard signalait un arbre du quai :

— J’aime ces branches aux quatre vents. C’est rare à Paris, un arbre non estropié.

Ils cherchaient à être impressionnés par la file des réverbères, par la monstruosité des automobiles et des tramways. Il n’était pas jusqu’aux tas de sable où ils ne prissent une pincée d’observation.

Ils se rappelaient réciproquement les auteurs connus « qui avaient rendu épatamment les aspects de rues ».

— Dame ! sans ça, l’œuvre manquerait d’atmosphère.

Avec leur pardessus clair, de demi-saison, et leur mine affûtée d’hommes jeunes en balade, ils attiraient la sollicitude de certaines passantes disponibles.

Ils se mirent à faire la psychologie des femmes de leur connaissance : exercice utile aux écrivains pour l’accentuation du caractère de leurs personnages.