— A la longue, la petite Griffon divorcera-t-elle ? demanda Ferdinand. Comment diable vous a-t-elle consulté et pourquoi l’avez-vous dissuadée ?
— Je lui ai conseillé de ne pas divorcer avant d’avoir un second mari en perspective.
— Je ne vous croyais pas si moral ! Non ? blague à part ?
— La petite Griffon n’est pas faite pour le rôle de femme divorcée ; elle tomberait dans la galanterie. Elle m’a consulté, au hasard d’une rencontre, devant l’exposition d’ameublement du Bon Marché… ça m’a rendu moral, en effet.
Ferdinand « gobait » Chaupillard ; c’était un type amusant. De quelle façon s’intéressait-il à la petite Griffon ?
— Un secret ! dit Ferdinand, pour s’avantager à son tour : j’ai écrit, — poste restante, — à la jeune fille du journal. Vous vous rappelez ?
Le lendemain, Chaupillard redevint haïssable : il discuta de nouveau l’aventure de Catherine Bise, il s’attacha à cette intolérable invention de rechercher son premier séducteur.
Alors, pendant quelque temps, Ferdinand n’eut plus la pensée libre ; il entrevoyait un quidam surgissant pour interdire par voie de justice la publication du roman ; ou bien, assis à sa table de travail, il sentait derrière lui un personnage laissé à tort en dehors du roman et qui réclamait. A la lecture des journaux, chaque drame causé par « un ancien amant » le faisait trembler pour Catherine.
Chaupillard osa se présenter à elle.