—Assassinez-moi, monsieur; je ne me battrai pas sans témoins.

Le vieillard déposa son chapeau sur la Table, se mit en ligne et ajusta: le coup allait partir. Un bruit se fait entendre dans l'une des allées; il est suivi d'un autre bruit; ils semblent concertés pour envahir le rond-point. M. Clavier abaisse son arme, il écoute: ces bruits se rapprochent toujours sous un double écho. On dirait un cheval ou plusieurs chevaux qui se hâtent d'arriver.

—C'est la gendarmerie! se confient avec terreur les deux adversaires.

—Je suis poursuivi!

—On vous cherche!

—Ils vont m'arrêter!

—Vous êtes perdu! Tenez, monsieur, faites feu avec ces deux pistolets, si l'on vous découvre sous la Table où je vous ordonne de vous cacher. Cachez-vous!

Un seul cheval pénétra, fumant de sueur, dans le carrefour, et si violemment, que ses deux jambes portèrent sur la Table d'où jaillirent des étincelles. Le cavalier fut renversé sur le sable. Une femme se releva pâle et la joue ensanglantée.

—Seul! monsieur. Vous l'avez donc tué?

—Madame Maurice! vous! c'était donc vous! le bal de Senlis... M. Clavier ne put en dire davantage.