—Ils étaient donc logés dans le voisinage, pour venir manger chez vous?

—Voisinage! Je crois bien; au château d’Écouen même, où Napoléon les faisait élever pour les incorporer dans la garde impériale. Et quel ordre! quelle propreté! monsieur, levés à cinq heures du matin, couchés à neuf heures le soir, comme de belles filles.—On y va!—C’est une chaise qui s’arrête.—On y va!

Madame Dutocq disparaît un instant; on jette une bûche de plus au feu; on entend les cris d’un poulet qu’on égorge, le bruit des œufs qui tombent dans la poêle. C’est décidément un mylord qui arrive.

Madame Dutocq rentre dans la salle.

—Comme je vous disais, on les habillait de blanc tous les dimanches; chaque section avait une ceinture de couleur différente et obéissait à une sous-maîtresse.

—Permettez, madame Dutocq; on habillait, dites-vous, les vélites de blanc, et de jeunes militaires obéissaient à une sous-maîtresse!

—Est-ce que nous n’en étions pas sur le pensionnat de madame Campan, monsieur?

—Mais du tout, madame, nous discourions sur les vélites.

Madame Dutocq, riant:

—Pardon! je confondais deux époques; celle où Écouen était une école militaire, et celle où il devint le pensionnat de madame Campan. Mylord a brouillé mes souvenirs. C’est un mylord qui vient de descendre.