—Mille pardons, monsieur, ce chiffre indique le nombre de soldats russes que la salle pouvait contenir.
—Des soldats russes dans les dortoirs de madame Campan!
—Quand les étrangers vinrent à Paris, on eut un instant le projet de caserner des Russes au château: mais M. le prince de Condé, qui était rentré en possession d’Écouen, s’y opposa, et le château ne reçut pas de garnison.
D’abord je n’avais rien vu dans l’appartement; maintenant je perdais le souvenir de toutes ces résidences amoncelées.
—M. Bernard, qui donc a fait effacer les belles fresques des murs?
—C’est Napoléon, afin que la pudeur des élèves de madame Campan ne fût pas blessée.
—Il a donc blanchi tout le château?
—Tout le château, trente ou quarante salles.
—La pudeur de l’empire nous coûte un peu cher.
Étrange intérêt qu’inspire le château à ceux qui le possèdent. Aux Condé? un Condé renverse un corps de bâtiment; à la république? la république brise les statues et défigure les salles; à l’empire? l’empire badigeonne les murs. Fasse le ciel que M. le duc d’Aumale n’ait pas l’heureuse inspiration de changer le château en usine!