—Par pitié, ne m’effrayez pas ainsi pour votre raison, mon fils.
—Je calcule les tentures: trois bannières de velours violet, comme au convoi de M. l’archevêque de Dijon; trois portières de velours sombre pour les trois entrées de votre paroisse; quatre grands écussons à nos armes.
—Oh! mon Dieu!
—Comme vos équipages suivront le corbillard, dont je parlerai, ils auront caparaçons et housses traînantes de serge noire, avec croix cousues de taffetas blanc.
—Vous me faites mourir, et je vais vous maudire, mon fils.
—Sept grands manteaux à grande queue pour ceux qui mèneront le deuil. Je songe qu’il ne faudra pas moins de huit aunes d’étoffe pour le drap mortuaire; le principal sera digne de l’accessoire; on n’aura jamais vu de plus magnifique poêle depuis les obsèques du régent de France, monseigneur le duc d’Orléans: je le veux de vingt aunes de drap d’or, à triple frisure,—une frisure de plus que monseigneur le régent.
—Vous me déchirez le cœur.
—Votre cœur, à propos, sera enfermé dans du plomb et déposé dans un coffre de chêne cerclé en fer; Houdon se chargera de vous élever un mausolée du plus vaste travail, tout orné de statues, d’urnes, de lampes et de cyprès.
—Mon fils, vous ne l’êtes plus, je vous maudis!
—Achevons maintenant: huit célestins, cent vingt livres; billettes, carmes, augustins, jacobins, six cents livres; soixante messes, trois mille livres; deux cents prêtres, cinq mille livres; torches de différentes couleurs, deux mille livres; tentures, vingt mille livres; drap mortuaire et coffre de chêne, cinq mille livres; mausolée, cinquante mille livres..... total, quatre-vingt-cinq mille sept cent vingt livres.