Et vous serez marquis avec marquisats, ce dont beaucoup ne sauraient se flatter en France. Vous aurez tous un quartier de terre pris dans mes possessions de Brunoy.
Silence donc! et que l’on aille prendre l’air au jardin, si l’on est incommodé;—n’éveillez pas ceux qui ronflent, ils s’éveilleront marquis.
Toi, mon vigneron, je te crée marquis de la Chopine; ta terre prendra le nom de la Chopine-Vieille; salut, marquis de la Chopine-Vieille! Tes armes seront d’azur au gobelet d’argent vomissant de gueule.
Toi, mon tonnelier, je te nomme marquis de la Futaille, et tu signeras Beaucerf de la Futaillière. Tu porteras de sinople au tonneau cerclé d’or, semé de bouchons à l’orle.
A ta santé, marquis de la Futaillière!
Toi, mon sommelier, tu seras désormais marquis de la Bouteille, ou Christophe de la Bouteillerie. Tu porteras de lie plein ton écusson.
Embrassons-nous, marquis de la Bouteillerie.
Toi, là-bas, je te fais marquis de la Chaudière.—Ton écusson: deux chaudières l’une sur l’autre, comme la maison de Lara en Espagne.
Ton voisin, marquis de la Cuve.
Messieurs les marquis, j’espère qu’à présent que nous voilà tous nobles, il n’en sera ni plus ni moins qu’auparavant pour nos plaisirs; l’opinion du monde est satisfaite, condescendons à ses préjugés de costume.