Aucun mortel ne peut pénétrer en ces lieux.
—Mais, mademoiselle, expliquez-moi... La demoiselle reprit:
Comment effacer de mon cœur
Les traits de ce mortel si tendre,
Que m’offre un songe trop flatteur?
Quel charme pourra m’en défendre?
Quelles paroles pour un évêque! Il ne savait que devenir, où aller, puisqu’il était au château. Dehors? mais dehors il y avait des jeux, des plaisirs, des génies et des discordes. Quand il interrogeait, on lui répondait en chantant. Cependant il dit avec beaucoup de douceur à la même personne: Je désirerais être présenté à M. l’abbé de Voisenon; pourrais-je...
L’Amour est un dieu trop léger,
Il s’envole et produit la haine;
Il sait nous cacher le danger.
Je ne veux point porter sa chaîne.
—Qu’il en soit comme vous le voudrez, madame; mais je m’en irai sans avoir vu M. de Voisenon.
—Vous prenez assez mal votre temps, lui dit enfin en prose la folle chanteuse; ne voyez-vous pas que nous répétons au château Mirzèle?
—Qu’est-ce que Mirzèle? Oserai-je vous demander...
—Ah çà! d’où sortez-vous? Tout Paris sait pourtant à cette heure que M. de Voisenon achève sa féerie de Mirzèle pour la Comédie-Italienne; et nous la répétons aujourd’hui. Et la preuve, écoutez-moi bien. C’est le morceau de Zéphis.
Jeune Mirzèle,
Voulez-vous voir vos jours par le bonheur formés?
Aimez!
Zéphis, triste pour vous, Zéphis sera fidèle;
Aimez!
Regardez à vos pieds l’amant que vous charmez.
Aimez!
Le plaisir dit, quand on est belle:
Aimez!