[251] Pendant longtemps ce fut effectivement Crémieux, «mon cher papa Crémieux», comme elle l'appelait, qui servit de secrétaire à Rachel et qui lui rédigeait ses lettres. Quand elle était en voyage, elle lui envoyait les noms et qualités de ceux qui lui faisaient des politesses et à qui elle était obligée de répondre, ne fût-ce que pour décliner leurs invitations, et Crémieux lui adressait de petits billets, voire de longues lettres, qu'elle n'avait qu'à copier et à mettre à la poste. Elle ne faisait d'exceptions que pour ses amis intimes à qui elle écrivait sans brouillon, dans le style émaillé de fautes d'orthographe qui était le sien. «S. M. la reine, mandait-elle de Londres à Crémieux, au mois de mai 1841, a exprimé à lady Normanby le désir d'avoir ma signature dans son petit album: j'en ai fait part à quelques personnes des mieux posées; elles m'ont conseillée d'écrire une petite lettre à Sa Majesté le lendemain de la soirée de Windsor. Mon cher monsieur Crémieux, vous voyez que, malgré les grands progrès que je fais dans le style, il me faudra cette fois encore avoir recours à vos complaisances éternelles.»—«A qui ai-je à écrire? lui mandait-elle encore. Cherchons. Vous me parlez de Cavé: j'y ai pensé, et, comme il connaît mon style, je lui ai envoyé sans crainte; il m'a répondu une petite lettre charmante. Un petit billet à ce brave Milbert, qui m'a écrit deux fois et à qui je n'ai pas répondu... Dites un mot aimable à ce brave vieillard comte de Cherval... M. Defresne m'a écrit aussi deux ou trois fois; faut-il lui écrire? Voyez: c'est vous que cela regarde puisque c'est vous qui écrivez, mon aimable et bon secrétaire.» (Voir à ce sujet les Autographes de la collection Crémieux, pp. 178 et 184.)—Mais il vint un jour—c'était en 1841—où le «cher papa Crémieux», ferma sa porte à Rachel. J'ai raconté dans quelles circonstances au t. II de mon livre sur Alfred de Musset, et tout récemment Mlle Thomson, confirmant mes renseignements, a publié la lettre par laquelle Mme Crémieux signifia son congé à la tragédienne. (Cf. la Vie sentimentale de Rachel, p. 77.) Ce n'est qu'en 1848 que Rachel parvint à franchir le seuil du grand avocat, encore Mme Crémieux lui tint-elle rigueur jusqu'en 1854.

[252] Lettre inédite.

[253] S'il faut en croire M. Frédéric Loliée (la Comédie-Française, p. 254), c'est elle-même qui aurait désigné Arsène Houssaye à l'Elysée et qui l'aurait emporté sur Mazères, dont la candidature était appuyée par M. de Rémusat.

[254] Lettre inédite.

[255] Lettre inédite.

[256] Voir le chap. III de ce livre, p. 1810. Après le coup d'Etat, Victor Hugo habitait à Bruxelles, place de l'Hôtel-de-Ville.

[257] Voir la lettre de Rachel à Ponsard publiée par M. Jules Claretie dans le Temps du 30 avril 1909.

[258] Voir le Temps du 30 avril 1909.

[259] La salle à manger de l'hôtel de la rue de Chaillot donnait sur une petite pelouse au centre de laquelle s'élevait une fontaine, formée du groupe des Grâces de Germain Pilon.

[260] Extrait d'une lettre inédite.