—«Je vous envoie la phrase prononcée, mais il vaut peut-être mieux laisser dormir tout cela.

«Quant aux vers, je viens de passer la matinée à en réunir 3.500. Ils sont si crayonnés, si griffonnés, que je n'en trouve pas 100 dignes de se présenter sous vos yeux. Je vous en enverrai en épreuves. Mon libraire les prend demain[ [101].

«Adieu. Voilà un beau soleil. Mais je reçois prière d'aller à l'Académie. Puissiez-vous avoir une aussi bonne promenade qu'hier! Vous n'aurez pas le bras d'un ami plus ancien, plus affectionné et plus désintéressé quand même.»

—«J'ai bien regretté d'être au banquet, pendant que vous étiez au salon. J'irai ce soir ou demain m'en dédommager. Je viens de passer deux heures à rechercher, avec deux convives, le discours que j'ai fait hier soir. Demandez à M. de Girardin s'il veut l'insérer, peu m'importe quel jour. Tout est bon à ce qui traite de matières permanentes. Le ministère y est bien traité, cela a excité un murmure. Le reste a bien été.

«Mille tendres respects.»

—«Voilà le discours et celui de l'année dernière. Si vous pouvez en faire insérer dans la Presse, merci. Mais c'est trop lourd pour votre feuilleton;

ce serait dommage que vos beaux doigts y touchassent.

«Je ne vous envoie celui de l'année dernière que pour mémoire. Mais la Presse pourrait citer toute la deuxième partie et celui d'hier.

«Adieu et à demain.

«LAMARTINE.»