«Recevez, etc.

«LAMARTINE[ [103]

Cette lettre—que Lamartine en ait eu l'intention ou non—atteignait par ricochet le journal qui avait commis l'indiscrétion[ [104]. Aussi Delphine s'en plaignit-elle amèrement à son ami. Mais le jour même il lui répondit en ces termes:

«Je suis tout abasourdi de votre lettre. Qu'y a-t-il de commun entre M. de Girardin, qui insère une lettre croyant le faire avec mon aveu, et l'impression indiscrète d'un billet confidentiel par celui qui l'a provoqué et reçu? L'idée m'est si peu venue que rien de tout cela pût retomber sur lui et sur vous, que j'ai envoyé dans la même minute la rectification à lui et au Constitutionnel. Excusez donc ma trop prompte étourderie, s'il y en a eu, et surtout n'accusez pas ceux qui vous ont toujours aimée et défendue.

«Si vous pensez qu'on puisse réparer cela par un mot, je ferai avec empressement ce que vous voudrez. Mais j'ai vu cinquante personnes aujourd'hui qui m'ont parlé de la publication de ce billet, et pas une n'a eu l'idée seulement que ma plainte se rapportât ou pût se rapporter à M. de Girardin, dont on connaît l'amitié et la bonne intention pour moi, comme on sait mes sentiments pour lui et pour vous. Je suis désolé de ce malentendu, et si je n'étais pas au lit, j'irais vite vous demander pardon.

«LAMARTINE[ [105].

«6 novembre 1840. Paris.»

A cette lettre était jointe la note ci-dessous que Lamartine avait rédigée pour être insérée dans la Presse:

«Cela par exemple.

«M. de Lamartine nous écrit pour nous donner l'assurance que la plainte qu'il a portée, dans le Constitutionnel, sur la publication d'un billet confidentiel de lui à M. de Cassagnac ne se rapporte qu'à la publicité donnée par d'autres que nous à cette lettre et nullement à un journal dont il a reçu tant de preuves de sympathie et de loyauté.»