Mais la note ne fut pas insérée, et je suppose que Delphine pria Lamartine de passer chez elle, car on a trouvé dans ses papiers cette lettre du poète:

«Je rentre et je reçois, trop tard pour aller ce soir, votre second billet.

«J'irai demain vers deux heures. Ce soir je reçois. Je cherchais moi-même un moyen de réparer mon étourderie et d'expier mon tort involontaire. Je croyais l'avoir trouvé aussi. J'accepterai le vôtre. Rien ne peut, je vous assure, égaler le chagrin que je ressens d'avoir ainsi, par une phrase à deux tranchants, et à qui je n'en voulais pas même un, contristé deux personnes à qui je dois et à qui je porte autant de reconnaissance que d'affection. Dieu sait si c'était par ma main qu'une goutte de tristesse devait tomber dans votre cœur et une tache sur votre manteau. Je dis cela pour tous les deux. Pardonnez-moi du cœur ou je ne vous verrai plus, et je me frapperai la poitrine de ma légèreté à écrire.

«Au reste, j'ai vu aujourd'hui cinquante personnes à la Chambre à qui j'ai parlé ainsi et pas une n'a eu la pensée que ma phrase tombât sur vous.

«LAMARTINE[ [106]

Cette fois l'incident fut clos:

III

Six mois après, un nuage d'une autre sorte s'éleva de nouveau entre Lamartine et Delphine dans les circonstances que je vais rapporter.

Il était à Saint-Point, aux prises avec des difficultés dont nous parlerons plus loin, quand, un matin du mois de mai 1841, il reçut du poète Becker, qui la lui avait dédiée, sa Marseillaise allemande:

Non, vous ne l'aurez pas le libre Rhin allemand.