Déchirez ces drapeaux; une autre voix vous crie:

L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie,

La fraternité n'en a pas.

Cependant, j'ai comme idée,—car, si généreux qu'il fût, il n'en était pas moins homme,—que Lamartine se souvenait de cet incident, quand il écrivait à Mme de Girardin, à quelque temps de là:

«Certainement j'y serais allé, car, malgré votre dureté pour moi, je vous aime comme quand vous n'étiez que Delphine. Mais je suis dans mon lit avec une courbature et une migraine à ne pas tourner la tête.

«Je regrette bien M. de Musset, dites-le-lui, mais donnez-moi ma revanche avec lui et avec vous.

«Quelle divine soirée vous nous fîtes mercredi[ [110]

Lamartine n'eut jamais cette revanche, il ne devait rencontrer Alfred de Musset qu'à l'Académie où il avait contribué à le faire entrer, pour être agréable à Delphine. Mais il trouva le moyen de lui donner sa revanche à elle, deux mois et demi après l'affaire de la Marseillaise de la paix. Voici à quelle occasion.

Il lui écrivait de Saint-Point, le 10 août 1841:

«Je viens d'écrire, pour soulager ma tristesse, environ 250 vers que j'avais promis d'adresser à votre ami Hubert-Saladin, de Genève. C'est une allusion politique dont il était flatté d'être l'objet. C'est au fond une apostrophe poétique à la Suisse. Cela s'appelle Ressouvenir à M. Hubert-Saladin.