—Tant mieux! Nous ferons des promenades le soir au fond de la forêt.

—Et nous irons nager dans la rivière.

—Andreï a si bien dressé nos chevaux pour la selle; nous monterons tous les trois.

—Puis tu nous liras de beaux livres...

—Mais pas les tiens, fit Katia avec malice.

—Bien, bien, chères, nous ferons tout cela... Ah! mais, encore cette maudite chatte d’Aleksandra qui se faufile entre mes jambes; j’ai manqué de tomber ou bien de l’écraser.

—Permets, dit Katia qui se roulait; ce n’est pas le chat qui vient de te barrer la route, mais Sasiedka (la voisine). Ah! ah! ah!

—La voisine?

—Oui, mon pauvre Vadia; la poule blanche que nous appelons «sasiedka», parce qu’elle traîne toujours soit dans le jardin, tout près de la maison, soit dans les chambres quand on n’y met pas ordre. Et il a son pince-nez! ha! ha! ha! Mais prends garde, ce n’est plus la «voisine», cette fois, que tu vas rencontrer!... Mademoiselle, permettez-moi de vous présenter Vadim Piétrovitch Dimitrieff, notre cousin germain, notre frère plutôt, comme on dit en Russie... (Son père portait le même nom que le nôtre: Piotr; voilà pourquoi il est aussi «Piétrovitch», et cela fait croire à beaucoup de gens qu’il est en réalité notre frère.) Vadim, mademoiselle Burdeau!

—Mademoiselle, enchanté... fit le jeune homme en français.