Le jeune homme est troublé; il s’incline devant la Française. Celle-ci se sent très pâle.
—Une lettre de Viéra... que je vous apporte, articule-t-elle presque trop nettement, agacée de sentir sa voix si altérée.
—Entrez, mademoiselle.
—Mais, je ne sais si... Non, je n’ai pas le temps, répondit Madeleine.
—Oh! vous n’avez pas dit ceci spontanément, fit Vadim; ce doit être une excuse... Vous avez peur de moi? ajouta-t-il d’une voix douce et basse, en faisant le geste de prendre une des mains de la jeune fille dans les siennes.
Mlle Burdeau se rejeta en arrière. D’antérieurs exemples l’avaient rendue méfiante. Devant son mouvement, le visage de Vadim devint triste.
—Je devine votre pensée, dit-il lentement; vous me jugez comme tant d’autres, sournois et fat?...
—Et comment voulez-vous qu’il en soit autrement? riposta la Française hautaine. Pour une fois que vous me voyez seule chez vous, sans défense, vous essayez déjà de me traiter en conquête!
Le jeune homme fut une minute ou deux sans répondre. Très grave, il fixait sa compagne qui, toute troublée qu’elle était, soutint pourtant son regard.