—Voulez-vous avoir confiance en moi pendant quelques instants? demanda-t-il enfin. Je vous jure sur l’honneur que vous n’aurez pas à vous en repentir!... Veuillez m’accompagner dans mon appartement.

Incliné devant elle, il lui offrait son bras. La noblesse de son attitude était telle que Madeleine obéit.

Ils traversèrent ainsi l’antichambre et la salle à manger, et arrivèrent jusqu’au seuil du cabinet de travail du jeune homme, où, trois mois auparavant, leur tête-à-tête avait été si chaste et si discret. Là, Vadim dégagea son bras de celui de sa compagne, et, silencieux, lui montra du doigt l’intérieur de la pièce éclairé d’un joyeux rayon de soleil printanier. Madeleine ne comprit pas ce geste.

—Eh bien? demanda-t-elle, un peu impatientée.

—Regardez, fit énigmatiquement le cousin de Viéra.

Remise en confiance par la gravité respectueuse de Vadim, Mlle Burdeau fit docilement le tour du cabinet de travail et se mit à inspecter les tableaux des murs, les livres, les meubles, les plantes rares groupées dans un coin...

Tout à coup elle s’arrêta, se pencha sur une photographie comme pour être bien sûre qu’elle en reconnaissait l’image, fit encore une fois des yeux le tour de la pièce, puis, se tournant impétueusement vers le jeune homme qui, très pâle, attendait sur le seuil:

—Est-ce possible, Vadim Piétrovitch? Est-ce possible? cria-t-elle d’une voix éperdue d’allégresse.

Pour toute réponse, le jeune homme lui tendit les bras.

—Mais... fit Madeleine, de nouveau soupçonneuse.