Et Mme Erschoff, s’éloignant, démasqua Viéra, qui se tenait à l’écart, à demi-cachée par la tapisserie dont les pans, quand ils étaient rejoints, séparaient le salon de la chambre de Katia.
Au moment où la jeune fille allait franchir le seuil de la pièce, Iékatérina se leva d’un mouvement prompt du sopha sur lequel elle s’était assise, s’élança vers la portière, détacha l’embrasse qui la retenait d’un côté et ramena les plis de l’étoffe entre elle et sa sœur, tout cela sans dire un mot, sans avoir l’air même d’apercevoir Viéra.
Celle-ci bondit.
—Katia! cria-t-elle d’une voix frémissante de colère et de douleur.
Dans la pièce voisine, rien ne bougea.
—Katia! répéta Viéra plus bas maintenant et sur un ton d’humble prière.
Le même silence régna.
Alors la jeune fille écarta lentement la barrière qui la séparait de sa sœur, dépassa d’un pas le seuil de la chambre et surgit, pâle et désolée, contre le fond sombre du rideau.
—Eh bien? demanda froidement Katia.