—Partout, dans les jambes, dans le dos, aïe! et surtout à la tête.
—Recouche-toi, chérie, j’irai chercher Vadim, il te prescrira quelque chose.
—A...ïe! Non, je ne peux pas rester couchée, mes os se brisent!
—Je sais bien ce que tu as, moi, dit Viéra en grondant un peu: un accès de malaria! Tu seras restée dans la forêt, hier, pendant l’orage, et bien qu’Evlampia t’ait changée tout de suite après,—qui sait même si c’est tout de suite après?—tu auras pris froid. Il suffisait de tes cheveux mouillés, d’ailleurs... Ah! méchante petite, que tu nous donnes de mal!...
—A... a... aïe!... continuait de gémir Sacha comme un enfant blessé.
Viéra alla chercher Vadim.
C’était une fièvre intense, en effet, une sorte de malaria qui s’était abattue sur la pauvre idole.
Pendant huit jours de continuels accès bouleversèrent son corps endolori; mais elle n’eut pas de délire et, chose étrange, ne sortit pas une seule fois des bornes de sa raison.
Tatiana Vassilievna, le futur docteur et Viéra furent presque rassérénés devant ce mal qu’ils savaient ne pas être grave et qui en détrônait un autre, horrible celui-là!...
Au bout de dix jours, Sacha put se lever. Mais elle était si faible et si meurtrie, qu’à peine avait-elle la force de se remuer. Elle ne put, malgré les velléités de vagabondage qui parfois la reprenaient, que circuler en se traînant, durant plus d’une semaine, dans les chambres et le jardin de la datcha. Et pendant ce temps-là se préparaient les noces de Danilo.