ÉPITAPHE.
Air: Nous sommes précepteurs d'amour.
Exact plus qu'on ne peut penser,
Ci-gît le docteur la Balue:
Il est mort exprès pour passer
Tous ses malades en revue.
Grétry neveu.
UNE CARESSE.
Air: Avez-vous sous le même toit.
Pour animer le sentiment,
Rien n'est plus sur qu'une caresse:
Douce caresse est un aimant
Pour l'amitié, pour la tendresse.
Dans l'enfance et dans l'âge mûr,
Même jusque dans la vieillesse,
Si le cœur goûte un plaisir pur,
Il est l'effet d'une caresse.
Les frères caressent leurs sœurs,
La fille caresse sa mère,
Le zéphir caresse les fleurs,
Dorilas caresse Glicère.
Voyez les ramiers dans les bois
S'aimer, se caresser sans cesse:
Par-tout l'amour dicte ses lois;
Dans l'univers tout se caresse.
Quelquefois des soupçons jaloux
Troublent la paix d'un bon ménage,
Et l'on voit entre deux époux
S'élever un sombre nuage:
L'orage, avant la fin du jour,
Est dissipé par la tendresse;
Et la colère de l'amour
S'apaise par une caresse.
Dans nos plaisirs, dans nos amours,
D'Anacréon suivons les traces;
Comme lui, caressons toujours
Bacchus, les Muses et les Graces:
Du temps qui fuit sachons jouir;
Bonheur d'aimer passe richesse:
Jusqu'à notre dernier soupir,
Rendons caresse pour caresse.