LE JE NE SAIS QUOI.

Air: Avec les jeux dans le village.

Un jour je rêvais qu'à Cythère
Le dieu du goût donnait un thé;
Il voulait fêter l'art de plaire,
Qu'il chérit plus que la beauté.
Il dit: «Ceux qui voudront des places,
«Montreront, pour entrer chez moi,
«De l'esprit, du goût et des graces,
«Le séduisant je ne sais quoi!»

N'osant pénétrer dans le temple,
A la porte je cherche un coin;
Comme un amant, là, je contemple
Toutes les nymphes avec soin.
Minois charmants, tailles divines,
Que d'aimables choses je voi!
Des pieds mignons, des jambes fines,
M'inspirent le je ne sais quoi!

Je vis monter au péristyle
Boufflers, Ovide, Anacréon,
Delille, et son ami Virgile,
Bernis, Pannard, Chaulieu, Piron;
Et ce dieu, les voyant paraître,
Leur dit: «Amis, entrez chez moi;
«Vos vers charmants ont fait connaître
«De l'esprit le je ne sais quoi!»

En ce moment entre une file
D'acteurs que Molière conduit;
Le dieu du goût voyant Préville,
En lui serrant la main, lui dit:
«Imitateur inimitable,
«Quel plaisir j'ai quand je vous voi!
«Vous avez, du talent aimable,
«Trouvé le vrai je ne sais quoi!»

Entre l'Amour et la Folie,
J'aperçois un objet charmant,
Je reconnais mon Aspasie;
Le plaisir m'éveille à l'instant.
Que n'a-t-il duré ce mensonge!
J'éprouvais un si doux émoi,
Que j'aurais vu, peut-être en songe,
De la belle je ne sais quoi!

P. B.

LA RÉSISTANCE,

OU LE SECRET DES FEMMES.