Air: Ah! quelle gêne et quel tourment. (Opéra de Pierre-le-Grand.)

Oui, je me livre au désespoir,
Disait certain amant novice,
«Églé, je ne veux plus te voir;
«Car tes charmes font mon supplice!—
«Si je te refuse un baiser,»
Répond elle avec innocence,
«Mes yeux toujours t'ont dit d'oser
«Triompher de ma résistance.—(bis.)

«Pour me rendre plus amoureux,
«Tu m'agaces par un sourire:
«Si nous ne sommes que tous deux,
«Tu n'as jamais rien à me dire.—
«Des femmes voilà le secret,
«Dit-elle, contre l'inconstance;
«Mais nous n'employons qu'à regret
«L'appareil de la résistance. (bis.)

«La nature, égale pour tous,
«Nous partagea bien ses données;
«Les femmes, plus faibles que vous,
«Doivent être les plus rusées.
«Si chacune garde pour soi
«Les ruses de la résistance,
«C'est pour mieux enfreindre la loi
«Qui la réduit à l'abstinence.(bis.)

«Lorsque sous des verrous dorés
«Un turc élève notre enfance,
«Nos cœurs alors sont dispensés
«Des charmes de la résistance.
«Du tyran de notre bonheur,
«Comme des bons maris de France,
«L'amour faisant brèche à l'honneur,
«Nous guérit de la continence.(bis.)

«Moins esclaves dans ce climat,
«Il faut que la pudeur nous guide;
«Pour bien garder le célibat,
«La résistance est notre égide.
«Car par-tout les hommes sont rois,
«Et nous sommes sous leur puissance;
«En l'enfreignant, ils ont des droits
«De nous réduire à l'abstinence.»(bis.)

Avant, tout comme après l'hymen,
Le plus doux charme de la vie,
C'est quand l'amour donne la main
A quelque tour de tricherie:
L'homme doit être l'agresseur;
La femme, toujours par prudence,
En cédant doit couvrir l'honneur
Du voile de la résistance.(bis.)

LA SUITE DU SECRET,

OU DE L'HYMEN.

Air: Femmes, voulez-vous éprouver.