Au milieu d'un riant vallon,
Près d'un coteau fertile,
On voit un joli petit mont,
D'où s'élève une ville.
Vos bons aïeux, sans façon,
La nommèrent Montluçon.
Dans ce charmant asile,
Caton, Ovide, Anacréon,
Contents d'un sort tranquille,
Trinquent à l'unisson.(bis.)

(Ritournelle générale, en chœur.)

Des beaux jours de la France,
Veut-on retrouver l'horizon?
Le plaisir en cadence
Ramène à Montluçon.(bis.)

Qu'on nomme bien cette cité
Vrai pays de Cocagne.
Car on y sable en liberté
Le Pouilly, le Champagne.
Momus, Bacchus et l'Amour
Y président tour à tour.
Dans ce charmant asile,
Caton, Ovide, Anacréon,
Contents d'un sort tranquille,
Trinquent à l'unisson.(bis.)

(Refrain général, en chœur.)

Des beaux jours de la France,
Veut-on retrouver l'horizon, etc.

On ne trouve à Montluçon ni libraire, ni bibliothèque, ni cabinet de lecture: tous les habitants lisent la gazette, fêtent la table; les dames vont à l'église et à la comédie, et tous ont un esprit naturel et une amabilité sociable et aussi usagée que celle des érudits; le bon cœur fait dans ce pays le meilleur et le plus savant livre d'éducation.

L'encyclopédie en ces lieux,
Sans charger la mémoire,
Vient de Beaune ou de Condrieux,
Adressée à Grégoire;
Momus, Bacchus et l'Amour,
La rédigent tour à tour.
Dans ce charmant asile, etc.
Des beaux jours de la France, etc.

On voit peu de pays plus galant et plus dévot que cette petite ville; une douzaine de jolies quêteuses parcourent les rues tous les dimanches, et vont rendre visite à tous les hôtels, tenant la bourse paroissiale des pauvres de l'Église, de la chapelle ardente de la Vierge, etc. Tous les dimanches, chaque fille offre une bougie à la Sainte Vierge; et toute l'année, l'Église du lieu est illuminée, comme les nôtres, le jour de la Chandeleur.

C'est ici qu'on voit défiler
Un bataillon de vierge,
Puisque chacune y fait brûler
Chaque dimanche un cierge;
Voilà l'innocent détour,
Pour sanctifier l'amour.
Dans ce charmant asile, etc.
Des beaux jours de la France, etc.