—Et moi, monsieur, répond d'Ambrieux, je suis enchanté de rencontrer pareille cordialité chez un homme dans lequel je pressens un loyal concurrent.
«Vous faites partie, je le devine, de la mission arctique de M. Pregel.
—Je suis, en effet, second capitaine de la Germania, équipée pour l'exploration dont M. Pregel est le chef.
«Mon nom est Frédéric Vogel.
—Je suis le capitaine d'Ambrieux, commandant la Gallia, partie de France pour explorer les régions hyperboréennes.
«Vous savez sans doute la cause déterminante de cette expédition à laquelle je ne pensais guère il y a un peu plus d'un an.
—Notre chef ne nous en a point fait mystère.
«Il a, dès le début, annoncé que nous aurions l'honneur de nous mesurer avec des Français, sur ce redoutable champ de bataille, et vous l'avouerai-je, capitaine, l'idée de cette lutte pacifique où la gloire de nos patries respectives est en jeu, a été pour tous un stimulant irrésistible.
—Au point que vous avez vaillamment employé le temps écoulé depuis notre défi.
«Je vous en félicite, capitaine, et sans arrière-pensée.