Toujours le premier debout, toujours le dernier couché, il va, il vient, il tripote autour de son fourneau, coupe la viande, fait fondre la glace, prépare le thé, fait bouillir sa marmite, surveille son rata, fume comme un Suisse, siffle comme un loriot et trouve encore le temps de combattre les ours.

Dumas surveille son rata, fume comme un Suisse

Levé dès cinq heures, il allume sa lampe à alcool, apprête le repas du matin, et au coup de six heures pénètre dans le dortoir.

—Capitaine, il est six heures, dit-il de sa voix retentissante.

«Allons, les hommes, debout au quart!... debout!... debout!... debouttt!...»

On entend un concert de bâillements, et chaque dormeur semble s'incruster sous sa fourrure.

—Deboutt!... reprend le cuisinier d'un ton qui ne souffre pas de réplique.

«Debouttt!... ou je largue les hamacs.»

Comme on le sait homme à exécuter cette menace, et à culbuter les récalcitrants, on s'arrache en grommelant du nid bien tiède et, bon gré mal gré, on procède aux ablutions.