Les hommes frappés d'ophtalmie sont presque aveugles!
Ils veulent marcher quand même, en dépit de violentes douleurs de tête et de vertiges continuels.
Le 20, une nouvelle tempête, que rien ne faisait prévoir, se déchaîne pendant la nuit, après une marche de treize kilomètres.
La neige tombe avec une telle surabondance, le vent est si glacé, qu'il est impossible de quitter la tente.
Pendant trente heures, les pauvres matelots sont prisonniers dans leurs sacs avec un froid de 36°! Ce repos forcé est très favorable aux hommes atteints d'ophtalmie qui commencent à se rétablir.
Fritz va plus mal. Ses gencives sont ulcérées, fongueuses, et ses dents commencent à se déchausser. Sa faiblesse et son abattement sont extrêmes.
Le docteur ne le quitte pas d'un instant et s'efforce de combattre ces symptômes alarmants.
Pour comble de malheur, le pauvre Nick dit Bigorneau, le brave Dunkerquois un peu naïf, mais si bon, se plaint à son tour de douleurs articulaires.
C'est à peine s'il peut se lever pour aider au déblaiement de la tente dont l'entrée est obstruée à chaque instant par des rafales de neige.
Séance tenante, le docteur l'exempte formellement de tout travail, malgré sa résistance.