Encore un qui est prédisposé par sa profession à l'horrible maladie.
Nick, ancien mineur, puis chauffeur, est plus déprimé corporellement que ses camarades.
Le docteur lui administre à haute dose le jus de citron, et le soumet au régime des pommes de terre crues. Il en reste encore, mais elles sont gelées à fond et dures comme des boulets. C'est tout un travail pour les rendre comestibles sans les cuire.
La chaloupe qui peu à peu se transforme en hôpital ambulant reçoit Nick à bord. Il s'installe près du mécanicien, et puis: En route!
La tourmente est finie. Malheureusement la neige rend le traînage plus difficile. Il faut longtemps déblayer à la pelle, d'où perte de temps notable.
Pour la compenser et suppléer à l'absence des deux malades, on marche pendant douze heures.
C'est le 22 avril, et on parcourt douze kilomètres!
Si demain l'étape est bonne, on aura franchi le quatre-vingt-huitième parallèle!
Le pôle ne sera plus qu'à deux degrés!... deux cent vingt-deux kilomètres!... cinquante-quatre lieues et demi!...
Somme toute, la situation est telle que le plus optimiste n'eût osé l'espérer. S'il est prodigieux d'être parvenu a une distance aussi faible du Pôle, il n'est pas moins extraordinaire de n'avoir que deux malades.